La réserve des Chânières

M. Yves Bourguignon, responsable de programmes à la Direction générale de la nature et du paysage, emmène le conseil municipal dans la réserve des Chânières pour une visite guidée.

 

 Photo C. Poupaert (DR)

 

Afin de repérer et préserver les sites les plus intéressants pour la flore et la faune, le canton propose aux propriétaires concernés de les protéger. C’est dans ce cadre que le conseil municipal avait été approché en 2010 pour que la parcelle des Chânières, (située à droite de la piste cyclable, en dessous des ruches) soit classée réserve naturelle.

 

Si pour les non-initiés l’endroit peut paraître banal et ressembler à n’importe quel paysage rural, il est particulièrement intéressant car il est constitué de plusieurs zones : une zone prairie sous arbres (pinède à molinie), un milieu ouvert (prairie maigre), une zone semi-clair (légèrement ombrée). Cette parcelle, malgré sa petite superficie, avec notamment ses 27 espèces de papillons, 15 de sauterelles et 161 de fleurs, recèle des valeurs naturelles semblables à la réserve du Moulin de Vert. Vous pourrez y croiser également la couleuvre à collier et admirer une dizaine d’espèces d’orchidées.

 

Ophrys araneola - photo fournie par Y. Bourguignon (DR)

 

La réserve est entretenue avec soin pour garantir sa pérennité. Elle a, dans un premier temps, été restaurée : une partie des pins ont été enlevés pour éclaircir et faire revenir l’herbe et la partie prairie a été dé buissonnée. Deux fois par an, un entretien est effectué pour empêcher les arbres et les buissons de repousser en fauchant les rejets. La partie herbeuse est divisée en deux zones qui sont fauchées alternativement une année sur deux afin de laisser toujours une partie « habitat » pour la faune. La fauche favorise un cortège floristique et assure son maintien.

 

 Pinède à molinie - photo C. Poupaert (DR)

 

La réserve est également composée d’un ourlet et d’une lisière. L’ourlet est une bande très fine entre la prairie et la lisière. Elle est fauchée une fois tous les trois quatre ans. La lisière permet de maintenir un fonds de buissons avant la forêt. Cet élément est très important car il permet aux larves de se nourrir des feuilles des buissons avant de venir butiner dans la prairie une fois devenues papillons. Ce milieu protéger ne doit pas recevoir d’engrais, il faut donc créer une zone tampon entre la réserve et les cultures, ce qui a été réalisé grâce l'exploitant concerné.

 

Zone tampon - photo C. Poupaert (DR)

 

Un peu plus loin, le bois de Saint-Victor contribue également à la diversité puisque son étang abrite la dernière population indigène d’écrevisse à pattes blanches.

Si la visite des lieux reste possible, un respect particulier sera demandé aux visiteurs afin de ne pas détériorer ces milieux naturels.

Juin 2014 - Catherine Poupaert

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